1052/3 - Le rivendicazioni territoriali dell'Italia

Nel 1919, il Governo italiano presentava alla Conferenza della pace un memorandum relativo alle sue rivendicazioni territoriali in ordine alla frontiera nord-orientale, nel quale, tra l'altro, era detto:

«Le Gouvernement autrichien a été obligé, le jour même de la proclamation de l'état de guerre avec l'Italie, à dissoudre tous les corps électifs dans les municipalités de la Vénétie Julienne, en reconnaissant par là que les Italiens s'identifiaient avec les ennemis irréductibles et menaçants de son existence l'Etat intrus et oppresseur. Dès que le mouvement de dissolution de cet Etat eut contraint les Gouvernements de Vienne et de Budapest à promettre à leurs peuple le droit de disposer d'eux-mêmes, immédiatement à Gorizia et à Trieste comme dans le Trentin, dans toute l'Istrie et à Fiume, les populations, en dépit de toutes les persécutions, les souffrances, les condamnations à l'internement infligées même aux vieillards, aux femmes et aux enfants, se levèrent pour chasser les représentants du pouvoir austro-hongrois [1] ». (Les revendications de l'Italie sur les Alpes et dans l'Adriatique, s.d., ASE, Ris. Gab., 86)

L'Italia rivendicava poi la città di Fiume sulla base delle seguenti considerazioni:

«Essentiellement parce qu'il s'agit de la ville italienne qui, après Trieste, Gorizia et Pola, est la plus importante dans l'Adriatique oriental. 33.000 Italiens vivent entourés de 10.927 Slaves et 1.300 Magyars, en cette ville qui a toujours été italienne dans son histoire ancienne et moderne. Le Ban de Croatie Jellacic lui-même qui, en 1848, s'en empara par ordre de l'empereur d'Autriche et pour y dompter la rébellion de la Hongrie contre les Habsbourg, se vit obligé de garantir aux habitants de Fiume par une déclaration publique "leur" langue italienne. Cette ville de Fiume a été à tel point jalouse de sa civilisation italienne, qu'elle ne voulut pas admettre l'introduction d'autres langues dans ses écoles "pour ne pas semer dans les âmes enfantines le mauvais grain contre la langue italienne, la seule parlée depuis toujours à Fiume et l'un des instruments principaux dont la ville se servit pour atteindre son degré actuel de civilisation et son progrès commercial et industriel" (1861). Jusqu'à l'heure actuelle les podestats ou les membres du Conseil municipal, les députés au Parlement ont toujours été Italiens et, par égard pour l'italianité de Fiume, le royaume de Hongrie promulguait jusqu'ici ses lois aussi dans un texte officiel italien. Le caractère italien et autonome, qui a toujours été celui de la ville de Fiume, a été encore accentué depuis que l'impératrice Marie-Thérèse, par son diplôme du 23 avril 1779, déclarait Fiume ville libre de tout mélange ou union avec la Croatie: Separatum sacrum regni Hungariae coronae adnexum corpus... neque cum alio Buccarano vel ad regnum Croatiae pertinente ulla ratione commisceatur. Ces privilèges furent confirmés par des lois hongroises successives et par la "Constitution de la libre ville de Fiume". Dès que fut proclamée la décadence de la dynastie des Habsbourg, Fiume revendiqua le droit de disposer d'elle-même et proclama, le 29 octobre 1918, son union à l'Italie, à laquelle, affirmant la tradition du Risorgimento, le programme des Carbonari l'avait déjà attribuée en 1822. L'Italie, lorsqu'elle proclame son droit d'accepter et de faire reconnaître l'acte spontané par lequel Fiume s'est donnée à elle, a, en même temps, la conscience d'obéir aux exigences de l'exploitation économique rationelle du territoire auquel ce port doit servir. D'autre part, l'Italie sait bien que, par là, elle n'obtient qu'une des compensations qui lui sont dues, selon l'esprit de la Convention signée avec ses Alliées [2] à la suite des plus grands efforts et sacrifices accomplis par l'Italie pendant la guerre et en vue des conditions nouvelles créés par l'écroulement de l'Autriche-Hongrie». (ibidem)

Nella riunione del Consiglio Supremo svoltasi a Parigi il 17 aprile 1919, il Presidente del Consiglio, Orlando, ribadiva quanto segue:

«Il secondo punto è relativo a Fiume. Potremmo credere che la questione di Fiume è risolta da ciò che si chiama frontiera naturale. I Romani chiamavano il Monte Nevoso " limes italicus " ed esso comprendeva Fiume. Per Fiume ci appelliamo al principio della autodecisione dei popoli. Vi è il fatto storico che, indipendentemente da ogni azione dell'Italia, la questione di Fiume è sorta prima della conclusione dell'armistizio. Il deputato di Fiume, elettovi ad unanimità, faceva, il 18 ottobre 1918, al Parlamento ungherese una dichiarazione in cui proclamava che Fiume, città autonoma, data la latente dissoluzione dell'Austria-Ungheria, rivendicava la sua unione all'Italia. Per ciò che riguarda Fiume la questione non è stata sollevata dall'Italia, ma dalla stessa città di Fiume. L'Italia ha lo stretto dovere di sostenere questa domanda, che corrisponde al diritto dell'autodecisione dei popoli. Si può presentare l'obiezione che il principio dell'autodecisione non è possibile venga applicato a piccoli nuclei come è quello di Fiume. Ciò potrebbe dirsi con ragione se Fiume fosse considerata come unità a parte, isolata, all'infuori del confine naturale; ma se si considera che Fiume ha da molti secoli una storia ed una libertà proprie, si deve affermare che Fiume costituisce una singolare e notevole eccezione, allo stesso modo che la tradizione darebbe a San Marino il diritto all'autodecisione. Ma, a parte ciò, vi è la questione economica. Vi è il precedente di Danzica. Per Danzica non abbiamo ammesso la domanda dell'annessione alla Polonia, e ciò per rispetto alla prevalenza della razza tedesca. Per Danzica non abbiamo fatto prevalere il principio economico al principio nazionale. Se per Fiume si stabilisse che si dovrebbe farne una città libera, come Danzica, in Italia si potrebbe dire che per i Tedeschi fu fatto un trattamento più amichevole che per gli Italiani. Per Danzica esistevano circostanze ancora più gravi. La Polonia non aveva altro sbocco al mare, mentre la Jugoslavia ne ha molti. Infatti il vero porto della Jugoslavia non è Fiume né può essere Fiume. La Jugoslavia ha almeno sei o sette altri porti e centinaia di chilometri sul mare. Vi era una ragione speciale per concedere Danzica alla Polonia, mentre per concedere Fiume alla Jugoslavia questa ragione non c'è. Danzica non può servire che alla Polonia, mentre Fiume non serve alla Jugoslavia che in modo concorrente. Il movimento del porto di Fiume in relazione alla Croazia è del 7 per cento. Ho letto sui giornali che Trumbic ha invece affermato che esso è del 50 per cento. Ma sia il 7 per cento od anche l'8 od anche il 15, il fatto principale si è che Fiume non serve precipuamente la Jugoslavia, ma invece l'Ungheria, la Galizia, la Boemia. Se nonostante questo principio non si dà Fiume all'Italia, si potrà dire, ripeto, in Italia, che il nemico è stato trattato meglio dell'amico. Desidero aggiungere una piccola prova di questa indipendenza storica di Fiume. Nello stemma dell'Austria-Ungheria, dove varie sezioni rappresentavano i vari dominii degli Asburgo, appariva separata l'insegna di Fiume. Ciò dimostra che in uno Stato feudale come l'Austria, che dava importanza a manifestazioni di questo genere, Fiume era considerata come un Ente a parte, come uno Stato nello Stato». (Aldrovandi Marescotti, Guerra diplomatica, Milano, 1936, pp. 223-224)

Le richieste italiane relative a Fiume incontravano l'opposizione del Presidente degli Stati Uniti, Wilson, che le giudicava contrarie ai principi ispiratori del nuovo ordine internazionale. Il 20 aprile, Orlando leggeva quindi al Consiglio Supremo la seguente dichiarazione:

«Je dois maintenir toutes les déclarations que j'ai faites pour ce qui concerne la question de Fiume. En la réduisant à ses termes minimum je fais observer au président Wilson que du point de vue de sa noble intention de maintenir la paix dans le monde, il est un homme politique trop éminent pour ne pas saisir qu'une donnée essentielle pour arriver à ce but est celle d'éviter entre les peuples le sentiment de réaction contre les injustices, qui formera sans doute le germe le plus fatal des guerres futures. Or, j'affirme ici que si Fiume ne sera pas accordée à l'Italie, il y aura dans le peuple italien une réaction de protestation et de haine, tellement violente, qu'elle donnera lieu à l'explosion de violents contrastes dans une époque plus ou moins rapprochée. Je crois donc que le fait que Fiume ne soit pas donnée à l'Italie serait extrêmement fatal aussi bien aux intérêts de l'Italie qu'à la paix du monde. Toutefois, puisque les alliés anglais et français ont déclaré hier qu'ils ne reconnaissaient pas à l'Italie le droit de rompre l'alliance que dans le cas qu'il ne fût accordée à l'Italie que ce que le traité d'alliance lui a garanti, je suis trop convaincu de ma responsabilité vers la paix du monde dans le cas d'une rupture de l'alliance pour ne pas retenir nécessaire de me mettre à l'abri de toute possible accusation à cet égard. Je déclare par conséquent, formellement, que dans le cas où la Conférence de la Paix garantirait à l'Italie tous les droits que le traité de London lui a assurés, je ne serais plus obligé de rompre l'alliance et je m'abstiendrais de tout acte ou fait pouvant avoir cette signification». (ibidem, p. 240)

Due giorni dopo, la Delegazione italiana abbandonava temporaneamente la Conferenza della pace; dopo il suo rientro, Wilson proponeva, il 26 maggio, lo svolgimento di un plebiscito a Fiume. Ma Orlando respingeva tale ipotesi nei seguenti termini:

«Non ho difficoltà a riconoscere che il discorso del signor Wilson è perfettamente logico, purché la ipotesi da cui muove sia esatta. Ma io nego la esattezza di tale ipotesi. Il presidente Wilson parte dall'ipotesi che il Trattato di Londra sia una violazione dei principii della giustizia. Data questa premessa, da lui esposta con tanta sincerità ed eloquenza, le conseguenze sarebbero esatte. Ma io non ammetto l'ipotesi. Non ammetto che il Trattato di Londra sia una violazione cosciente dei principii della giustizia che Francia ed Inghilterra non avrebbero difesi. Il Trattato di Londra anticipò solamente i confini che avrebbero dovuto essere tracciati. Durante tutta questa Conferenza, terribili problemi si sono presentati, involgenti considerazioni etniche, geografiche, strategiche, ed altre. In molti casi si dovrebbero sormontare gravi difficoltà, allo scopo di raggiungere una soluzione. Il Trattato di Londra ha semplicemente prevenuto queste difficoltà. Il Trattato di Londra è di per se stesso una transazione ed un compromesso. Che sia un compromesso è dimostrato dalla rinuncia a Fiume, ed a metà della Dalmazia più ricca, incluse le città italiane di Spalato e Traù, che l'Italia pensò sempre dover rivendicare. E' un compromesso in ragione della mescolanza delle razze. Perciò non posso ammettere la premessa del presidente Wilson, che il Trattato di Londra sia, senza discussione, una violazione del diritto e della giustizia. Che sia buono o cattivo non so. L'esperienza ha dimostrato che è cattivo, perché non ci dà Fiume. E' un compromesso. Il presidente mi permetterà di ripetere che se l'ipotesi non è ammessa, non sono ammesse le conseguenze. Il presidente non concorda. Da ciò dipende l'aggiornamento della soluzione italiana. E' perciò che non posso accettare un plebiscito. Il plebiscito aggiorna la decisione. Dato il presente stato di inquietudine in Italia, preferisco aver meno, ed uscirne. Seconda obiezione è la estrema complessità dei problemi. Non posso negare che di qua dalle Alpi istriane vi è una maggioranza slava. Ma in questo caso io debbo cercare un principio differente da quello etnografico; e cioè che la linea alpina è la linea naturale, la linea strategica per la difesa d'Italia. Terza ragione - e con ciò non vorrei mancare di rispetto ad altri popoli, - si è che esiste un grado differente di civiltà tra Serbi ed Italiani. Ciò produrrebbe influenza inibitoria. E' vero che le autorità militari italiane, in molti luoghi, vivono in perfetto accordo con gli abitanti. Ma non subirebbero essi le intimidazioni slave? In queste condizioni, io non potrei aver fiducia nella sincerità dei plebisciti. Queste sono le tre ragioni per cui io non posso accettare la proposta di un plebiscito». (ibidem, p. 420)

Dopo una lunga fase di negoziato interalleato, i Rappresentanti delle Potenze Alleate, Clemenceau, Polk e Crowe, indirizzavano al Governo italiano, il 9 dicembre 1919, il seguente Memorandum, il cui punto 2, relativo a Fiume, affermava:

«2 - Vi è completo accordo sulla creazione, nell'interesse dell'Italia, dello Stato-cuscinetto che porterà il nome di "Stato libero di Fiume" posto sotto l'autorità della Società delle Nazioni. Considerazioni di ordine etnico esigerebbero che si desse a questo Stato, che conta duecentomila jugoslavi, l'occasione di decidere con plebiscito della propria sorte. Per riguardo alla obiezione sollevata dall'Italia che l'incorporazione di questa regione nello Stato serbo-croato-sloveno per un atto libero dei suoi abitanti potrebbe costituire una effettiva minaccia, si accetta ora che la cura di regolare l'avvenire dello Stato libero sia lasciata alla Società delle Nazioni, che conformemente alle domande italiane, non mancherà di serbare alla città di Fiume tutta l'autonomia di cui essa godeva sotto la dominazione austro-ungarica». (Memorandum di Clemenceau, Crowe e Polk, Parigi, 9 dicembre 1919, ASE, Conf., 34-9)

Il 6 gennaio 1920, il Governo italiano presentava un memorandum di risposta, nel quale, per quanto riguardava Fiume, si dichiarava disposto ad accettare i seguenti punti:

«I - Il libero Stato di Fiume secondo i piani del presidente Wilson, ma con la frontiera del Patto di Londra nella sua parte sud-occidentale verso l'Italia. II - Ma nel libero Stato la città di Fiume col suo distretto (corpus separatum) deve essere garantita da uno statuto che salvaguardi efficacemente la sua italianità la quale, a causa della grande maggioranza slava nello Stato libero, sarebbe maggiormente minacciata di quanto non lo fosse sotto l'Ungheria. III - Si deve assegnare al corpo separato di Fiume entro lo Stato libero la strada che è ad occidente con una striscia di territorio che la circonda fino alla sua frontiera italiana». (Memorandum italiano, s.l., 6 gennaio 1920, ibidem)

Il negoziato interalleato proseguiva fino alla fine di aprile 1920, a San Remo, quando si interrompeva per dare spazio al negoziato italo-jugoslavo, che conduceva alla conclusione del Trattato di Rapallo dell'11 novembre 1920 [3] . Con tale Trattato, Italia e Regno serbo-croato-sloveno riconoscevano l'indipendenza dello Stato di Fiume e si impegnavano a rispettarla in perpetuo.

Note

[1] vedi anche: 1141/3 - La frontiera del Brennero; 1142/3 - La questione adriatica;
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[2] Il riferimento è al Patto di Londra del 25 aprile 1915 (testo in Trattati e Convenzioni, v. XXIII, pp. 284-292).
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[3] Testo in Trattati e Convenzioni, v. XXVI, p. 775 segg.
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