1142/3 - La questione adriatica

Alla Conferenza della pace di Parigi, il Governo italiano presentava un memorandum relativo alle rivendicazioni territoriali nella zona alpina ed in quella adriatica [1] . Per quanto riguardava il problema della Dalmazia e delle isole dell'Adriatico, il Memorandum si esprimeva nei seguenti termini:

«Grâce à la nouvelle frontière fixée sur les Alpes Juliennes, qui renferme dans les limites du royaume la côte de l'Istrie jusqu'à Fiume, y compris Pola, l'infériorité de l'Italie dans la mer Adriatique, qui lui avait nui si profondément et au détriment de la paix générale de l'Europe, va être diminuée, mais pas encore éliminée. Pour compléter la réparation de ces dommages en mettant de côté les dangers qui la menaçaient, l'Italie doit avoir une part convenable des côtes et des îles de la Dalmatie. A partir du moment dans lequel, au lendemain de la chute de Venise, l'Istrie et la Dalmatie ont été livrées à l'Autriche et l'unité naturelle de la mer Adriatique a été émiettée dans des partages militaires et politiques, ce problème est là clair et précis dans toute sa gravité menaçante. Les jeunes démocraties que le génie de la Révolution française avait fait naître en Italie en ont été tourmentées; Napoléon lui-même en a eu le remords lorsqu'il a essayé de réparer à Presbourg la faute de Campo-Formio, la réaction germano-viennoise s'en fit un cauchemar dès qu'elle voulut river sur le rivage d'en face des boulons des chaînes qui tenaient l'Italie. Mais les penseurs et les hommes d'Etat en eurent la révélation bien nette, non moins d'ailleurs que les peuples et les soldats d'Italie, qui ne furent empêchés que par des malheurs et des fautes, jusqu'à Lissa et au congrès de Berlin, dans leur souci d'assurer le sort de l'Italie et la paix du monde. Les temps et les conditions ont changé et l'Italie est en mesure de modifier son postulat adriatique. Désormais, elle n'a plus besoin de la maîtrise absolue de cette mer, mais elle peut se contenter de demander que sa liberté soit reconnue sans penser à exclure de la possession des côtes adriatiques la nouvelle organisation yougo-slave. Toutefois elle doit demander pour elle rien de plus et aussi rien de moins de ce qui peut lui suffire pour la garantie de sa tranquillité et pour la mettre à l'abri des menaces d'autrui. Si l'Italie fait cela, elle ne s'oppose certes pas aux lois de la géographie et de l'histoire, ni aux principes de nationalité et d'économie publique. Tout au contraire. La Dalmatie tout entière du temps de Rome et de Venise a été unie à l'Italie pour son propre bonheur et pour la paix du monde. Le Gouvernement Autrichien lui-même a considéré la Dalmatie jusqu'en 1866 comme un territoire italien tel que la Lombardie et la Vénétie. Il n'y a qu'à lire les textes de géographie que ce gouvernement faisait étudier dans des écoles de guerre. Les conventions négociées à la veille de l'entrée en guerre de l'Italie se proposaient au contraire de lui garantir seulement telle portion des îles et du continent de la Dalmatie qui pût être considérée suffisante à éliminer tous les dangers et toutes les menaces [2] . Ce ne fut qu'un compromis. Mais il faut encore montrer à quel point de modération arrive le compromis auquel l'Italie s'était adaptée en 1915. D'abord ce compromis ne comprenait pas Spalato, l'ancienne ville qui renferme les témoignages les plus éclatants de la latinité et que, pourtant, pourrait et devrait y être ajoutée. De 12.385 kilomètres carrés que comporte la Dalmatie, l'Italie n'en obtiendrait que 6.326, c'est-à-dire la moité à peine; mais des 645.000 habitants que compte la population de la Dalmatie, 287.000 seulement seraient citoyens italiens (le 44 p. 100) et l'Italie n'obtiendraient que 117 lieues (le sixième) de la côte continentale qui se développe de Fiume aux embouchures de la Boiana, tandis que les Slaves en obtiendraient 647. Cela revient à dire que les Yougo-Slaves auraient sur le rivage oriental de l'Adriatique une ampleur côtière six fois plus grande que celle consentie à l'Italie et en même temps ils garderaient plus que la moitié de la population et la moitié de l'extension superficielle du continent et des îles de la Dalmatie. Si l'on pense qu'en 1909 des écrivains serbes officieux considéraient suffisante à garantir l'indépendance de la Serbie une extension côtière sur l'Adriatique de 5 kilomètres entre Raguse et Cattaro, on ne pourra empêcher de reconnaître la modération des aspirations de l'Italie et sa libéralité vis-à-vis des peuples avoisinants. En effet non seulement ils pourraient obtenir les ports de la côte croate (Buccari, Porto Re, Segna, etc.), mais on leur attribuerait les plus grands ports de la Dalmatie. Pour ce qui concerne le point de vue national, le territoire dalmate garanti à l'Italie par les pactes compte environ 280.000 habitants dont les statistiques officielles autrichiennes ne reconnaissent que 12.000 comme Italiens, mais vous avez là le résultat de la plus cruelle violence que puisse enregistrer l'histoire politique de l'Europe dans le courant du siècle dernier. L'Autriche en Dalmatie ne s'est abstenue d'aucune supercherie et elle a eu même recours à la violence lorsque après 1866 elle voulut empêcher la résurrection de tout mouvement d'annexion à l'Italie, et après 1878 et 1882 elle eut besoin de supprimer l'élément italien pour réaliser ses plans balkaniques. A la rigueur, l'on pourrait bien mettre en ligne de compte l'origine illyrico-romaine des "Morlaques", nettement distincts des Slaves et plutôt apparentés aux Albanais. Or ils constituent presque un tiers de la population de la Dalmatie. Mais même en voulant oublier ces souvenirs, et en relevant impartialment les résultats de statistiques scolaires, des consultations électorales, des différentes manifestations de la vie sociale, l'on aboutit à donner un portrait de la nationalité de la population dalmate incluse dans les limites assignées à l'Italie tout autre que celui que voudraient nous apprendre les statisticiens viennois. Non moins de 50.000 Italiens de nom, de fait, d'opinion y habitent, mais les 4/5 furent supprimés par des recensements inexacts; au moins 15.000 soi-disant Slaves se déclarant tels par opportunisme politique ignorent le slave, et, ne le parlant pas, emploient dans leur usage familier exclusivement la langue italienne. Plus de 100.000 Slaves possèdent et parlent couramment l'italien, n'ont jamais pu ni ne peuvent se passer de la cohabitation avec les Italiens, qu'ils verront d'un oeil favorable dès qu'ils seront délivrés des agitations étrangères. Enfin guère plus de 100.000 Slaves vivant dans les campagnes n'emploient pas l'Italien et pourraient soustraire leur vie à l'influence de l'Italie; mais eux non plus, remarquez-le bien, pas même à présent sous la pression d'agitations déchaînées sans frein depuis des dizaines d'années, ne manifestent la moindre hostilité réelle vis-à-vis des Italiens des villes et des villages le long de la côte, population italienne dont ils ont toujours reconnu la supériorité civile et économique. La vitalité de l'élément italien sur la côte dalmate est malgré tout encore telle que les Croates eux-mêmes doivent déplorer publiquement dans leurs journaux que le visiteur de la Dalmatie ne peut qu'en rapporter une impression tout autre que celle qu'ils voudraient, c'est-à-dire l'impression d'une terre italienne. Ils reprochent alors aux Dalmates l'habitude "honteuse" de parler l'italien. Comment pourrait-il en être autrement dans un pays où seule la violence employée par le Gouvernement autrichien a pu priver les Italiens de leur représentation parlamentaire, qui en 1869 comptait sept députés italiens et deux slaves, et de la majorité dans la Diète de la province, qui dans les premières élections de 1861 était de trente députés italiens contre treize slaves? Néanmoins cette même violence fut impuissante à entamer le caractère italien de Zara, qui s'affirma triomphalement dans la municipalité entièrement italienne, à empêcher que par exemple la Chambre de commerce des districts de Zara et de Sebenico fût italienne et le collège des contribuables les plus imposés dans ces mêmes districts envoyât sans lutte à la Diète toujours des députés italiens, témoignage évident que l'activité de l'industrie et du commerce et de la propriété terrienne sont encore et toujours, justement dans le territoire assigné à l'Italie, dans les mains des Italiens. Vous avez là une preuve, tirée du domaine économique de la persistance de cette vie italienne, historique et sentimentale, qui lors de l'occupation italienne, le lendemain de l'Armistice, s'est montrée par des manifestations si éloquentes et émouvantes, par des invocations si spontanées et si insistantes. Mais supposons même que les droits historiques et la réalité de la vie nationale ne soient pas tels qu'ils sont, tout autres que ce qu'ont voulu les faire apparaître les Autrichiens pour favoriser les Slaves. Il resterait toujours que l'Italie ne pouvait sans compromettre son avenir renoncer à un minimum de possession dans la Dalmatie. Nous ne saurions nous laisser entraîner trop loin par l'examen du problème stratégique de la mer Adriatique, mais nous donnerons seulement un coup d'oeil à la carte qui en précise les points fondamentaux, apparus dans la guerre récente sous un jour tragique. Une magnifique barrière de récifs et d'îles s'avance devant la côte orientale pour protéger la terre ferme et couvrir les voies de communication qui sillonnent la côte. En face est le rivage occidental, peu ou point élevé, sans défense, exposé à toutes les attaques. D'un côté il est loisible de naviguer le long des côtes quel que soit le vent qui souffle; mais de l'autre nul abri, donc une navigation qui devient facilement dangereuse. Là des ports et des rades profondes, qui permettent de jeter l'ancre où que ce soit; ici absence complète d'escales, grand'peine à assurer des haltes ou des refuges. Chaque point de la côte orientale, qui est élevée, offre un point d'observation excellent, tandis que les terres basses du rivage opposé (à l'exception du Gargano et du Concro) ôtent toute possibilité de surveiller les eaux profondes. On peut attaquer la flotte italienne sans être vu, sortant de la couverture des îles dalmates, qui permettent de transporter à plaisir les bateaux du Nord au Sud et en sens inverse dans tout le trajet Pola-Cattaro (c'est-à-dire dans la plus grande partie de l'Adriatique) et toujours à l'abri des embûches des mines et des sous-marins. Au contraire, dès qu'on abandonne Brindisi on est à la merci de la marine qui tient la côte opposée et qui demeure maîtresse de guetter et de suivre l'adversaire, le tenant en son pouvoir jusqu'à Venise. Un ennemi qui aurait dans son domaine exclusif la portion centrale du rivage dalmate entre Zara et Spalato, avec le port militaire de Sebenico, et qui en même temps serait le maître des îles, aurait à chaque instant le loisir de faire de la pleine mer Adriatique le théâtre d'une bataille navale. Dans ce cas la flotte italienne, qui devrait en partie arriver de Venise, en partie de Brindisi, se trouverait exposée à voir contre une partie seulement de cette force tout le gros de forces ennemies et courrait le risque de se voir battre successivement dans ses deux fractions avant d'avoir pu réaliser sa jonction tactique. Cet état de choses ne serait pas profondément modifié par l'acquisition de Pola et produirait toujours l'assujettissement absolu de l'Etat qui ne serait maître que de la seule côte occidentale de l'Adriatique. La Dalmatie constitue donc une menace pour l'Italie dès qu'elle est entièrement dans les mains d'une autre Puissance; mais une partie de la Dalmatie dans les mains de l'Italie, tout particulièrement dans des limites réduites, auxquelles se restreindraient désormais les demandes de l'Italie, ne constitue une menace pour personne. La dernière guerre en a donné la preuve. Avec toute sa flotte l'Italie a été empêchée d'opérer une attaque de valeur décisive contre la force navale de son adversaire qui se tenait cachée dans les ports et dans les canaux du rivage d'en face. Et même la coopération de forces navales françaises et anglaises d'une certaine importance ne parvint pas à lui pemettre de réaliser un plan de bataille. L'Italie fut obligée de consacrer toutes les forces de sa marine dans les cours de la guerre à des efforts épuisants pour sa propre défense, se limitant à lancer un défi qui ne fut jamais accepté et à accomplir quelques audacieuses actions d'éclat. L'Autriche-Hongrie, au contraire, eut le moyen d'attaquer, de bombarder les villes sans défense de la côte italienne et parvint toujours à s'abriter derrière le rideau admirable de sa côte avant qu'elle pût être rejointe par les forces de l'Italie et de ses Alliés qui pourtant montaient sans cesse la garde. Pour empêcher qu'elle puisse rester dans un état d'infériorité permanente et absolue dans l'Adriatique, l'Italie est donc qualifiée pour demander, d'accord avec le principe énoncé, que la côte et les îles de l'Adriatique qui seront attribuées à d'autres Etats soient neutralisées, en défendant toute fortification maritime et terrestre et en exigeant le démantèlement immédiat de tous les ouvrages militaires et de tous les armements qui pourraient y exister. Pour ce qui concerne la zone entre Zara et Sebenico, aucune forme de neutralisation - vu la configuration générale de la côte avec ses îles - ne suffirait pour empêcher à n'importe quel ennemi de la tranformer, en quelques heures, en une base navale de premier ordre par l'emploi tout moderne et extra-rapid de mines, de barrages de filets et de sous-marins, ce qui créerait entre la côte et les îles extérieures un bassin impossible à atteindre. Seul, en tenant en son pouvoir cette zone, l'Italie est garantie». (Les revendications de l'Italie sur les Alpes et dans l'Adriatiaque, s.d., ASE, Ris. Gab., 86)

Il Presidente del Consiglio, Orlando, tornava sull'argomento nel corso della riunione del Consiglio Supremo svoltasi a Parigi il 19 aprile 1919 e, in relazione alla Dalmazia ed alle isole, dichiarava:

«Quando parlo di questi territori parlo sempre delle isole; così quando parlo dell'Istria parlo delle isole di Cherso e di Lussin che hanno carattere largamente italiano. Per la Dalmazia vi è un primo argomento che è di ordine strategico. Non importa essere marinaio per sapere che la costa italiana è alla mercé di ogni attacco che venga dall'altra sponda. La situazione è tale che se si consentissero alla potenza che detiene l'altra riva dei semplici mezzi di polizia, ed anche se questi fossero ridotti al minimo, vi sarebbe sempre da parte loro possibilità di bombardare le città italiane e ritornare incolumi ai loro sicuri ancoraggi. Una carta geografica può mostrare come ciò possa farsi con facilità e sicurezza. La guerra attuale l'ha provato. L'Intesa aveva una assoluta preponderanza di forze nell'Adriatico. Nonostante la schiacciante superiorità della Marina italiana, rafforzata da elementi francesi ed inglesi, noi abbiamo avuto le nostre città alla mercé dei bombardamenti nemici, senza potervi opporre alcun riparo. La cosa è evidente di per sé. L'Italia non sarà mai sicura se non avrà una base difensiva nel mezzo dell'altra sponda. Ma per la Dalmazia la ragione strategica non è la sola. Noi abbiamo una ragione nazionale e storica che non può non avere una influenza decisiva nelle deliberazioni relative alla Dalmazia. Vi sono dei momenti in cui non ci si può ribellare alla ragione storica. Dalle origini della storia fino a Campoformio [3] la Dalmazia è stata unita all'Italia; prima come parte dell'Impero romano, in seguito come parte di Venezia. E ciò deriva da un fatto naturale, perché le sue montagne la separano dal territorio ad oriente. Perciò tutta la cultura dalmata gravitò fatalmente verso l'Italia. La Dalmazia è stata italiana fino agli ultimissimi tempi. Fino al 1881 la maggioranza della Dieta dalmata fu italiana. Non si dica che noi risaliamo ai secoli lontani per basare il nostro diritto storico. In un documento austriaco del 1887, trovato a Zara, di cui ho già dato copia al presidente Wilson, si trovano le seguenti statistiche circa la lingua ufficiale (Dienstsprache) di 84 comuni dalmati: 59 comuni usavano esclusivamente l'italiano, 25 usavano le due lingue. Da questa fonte austriaca risulta così che in più che la metà delle comunità dalmate, nel 1887, la lingua era italiana. Anche oggi a Zara, a Traù, a Spalato vi è forse maggioranza italiana. Si tratta di italianità fiorente. Sarebbe possibile, dopo tutti i sacrifici della guerra, che l'Italia vedesse questa italianità destinata alla distruzione? Ciò che l'Italia domandò, in via transazionale, fu solo una piccola parte della Dalmazia, lasciando alla Serbia Cattaro, Spalato, Ragusa. Crediamo essere molto moderati se domandiamo di attenerci a quella transazione». (Aldrovandi Marescotti, Guerra diplomatica, Milano, 1936, p. 225)

Le richieste italiane incontravano l'opposizione del Presidente statunitense Wilson, che le giudicava contrarie ai nuovi principi su cui dovevano basarsi i rapporti fra gli Stati ed in particolare al principio di autodecisione dei popoli. Ma Sonnino insisteva:

«Mi riferisco al punto nel quale il presidente ha detto che io ho dato ragioni strategiche per l'assegnazione della Dalmazia all'Italia. Il Presidente ha detto che egli non potrebbe ammettere queste ragioni strategiche per lo stabilimento del nuovo ordine. Debbo dire che noi non abbiamo mai chiesto condizioni di vantaggio strategico per qualsiasi eventuale offensiva; ma unicamente condizioni indispensabili di difesa e sicurezza. Non abbiamo aspirazioni aggressive verso nessuno, ma unicamente quella di por riparo al fatale destino riservato fin qui all'Italia, aperta a tutte le aggressioni altrui. Anche con le garanzie teoriche di una Lega delle Nazioni una piccola flotta avversaria potrebbe celarsi dietro le isole dell'altra costa dell'Adriatico, e di là sfidare qualsiasi Lega delle Nazioni. Ciò è stato provato anche durante l'attuale guerra. Se la flotta dell'Intesa avesse potuto incontrarsi con la flotta austriaca, essa la avrebbe certamente distrutta; ma non lo poté, nonostante la sua grande superiorità unitaria. Se non si attribuisce all'Italia la costa che richiede, ciò significherebbe lasciare aperta una tentazione a chi voglia attaccarci; e sarebbe anche una tentazione per l'Italia di farvi la guerra per levarsi una volta per sempre definitivamente da una tale situazione di pericolo e di inferiorità. E' certo che per quanto la Lega delle Nazioni possa creare una situazione analoga a quella interna di uno Stato civile in cui soccorrono alla difesa del cittadino i tribunali e la polizia, voi dovete anche dare al cittadino modo di serrare la porta di casa. Questa è la nostra situazione e perciò non possiamo fare a meno di quanto chiediamo». (ibidem, p. 230)

Poiché Wilson confermava la sua posizione, la Delegazione italiana abbandonava temporaneamente, il 22 aprile 1919, la Conferenza della pace, chiedendo l'applicazione del Trattato di Londra [4] . Un primo tentativo di negoziati diretti con lo Stato serbo-croato-sloveno falliva a metà maggio dello stesso anno. Il 9 dicembre successivo, i Delegati britannico, francese e statunitense, Crowe, Clemenceau e Polk, indirizzavano al Governo italiano un memorandum in cui, relativamente alla frontiera terrestre italo-jugoslava, si affermava:

«1. Per ciò che concerne l'Istria il Presidente Wilson ha fin dal principio accettata una linea di frontiera che va dal Fiume Arsa al Monte Karawanken, linea che si avanza largamente su quella che è riconosciuta essere la frontiera etnica fra l'Italia e la Jugoslavia, e di cui l'adozione avrebbe per effetto di annettere all'Italia più di 300.000 yugoslavi. La situazione geografica dell'Italia nel tempo stesso che i suoi bisogni economici sono stati invocati per giustificare questa grave violazione del principio etnico; il Presidente Wilson desideroso di dare a queste gravi considerazioni tutta la importanza che esse meritano, è andato più oltre accettando uno spostamento di questa frontiera verso l'est in modo di dare all'Italia la regione di Albona, ad onta del considerevole numero supplementare di yugoslavi annessi all'Italia. Vi ha di più. Per aumentare le garanzie strategiche dell'Italia, il Presidente Wilson d'accordo col Governo Italiano ha approvato la creazione di uno Stato-cuscinetto tra il territorio italiano d'Istria ed il Regno Serbo-Croato-Sloveno; Stato nel quale circa 20.000 yugoslavi da una parte e dall'altra meno di 40.000 italiani sarebbero posti sotto l'autorità della Società delle Nazioni. Desideroso di evitare ogni minaccia strategica immaginabile che l'Italia potesse temere da parte dello Stato Serbo-Croato-Sloveno, il Presidente Wilson ha accettato, ed il Governo Britannico e Francese sono felici di associarsi a questa accettazione, la demilitarizzazione permanente della regione detta di Assling [5] . I tre rappresentanti sarebbero felici di apprendere dal Governo Italiano se qualche leggera modificazione della zona demilitarizzata tra il Fiume Arsa ed il Capo Promontore sia giudicata necessaria per garantire la sicurezza delle opere di difesa situate in territorio italiano». (Memorandum di Clemenceau, Crowe e Polk a Scialoja, Parigi, 9 dicembre 1919, ASE, P 1919-30, 704)

Dopo aver trattato la questione di Fiume, il Memorandum così proseguiva:

«3. I rappresentanti dell'America, della Francia, della Gran Bretagna sono lieti di far notare quanto essi abbiano apprezzata la saggezza e la moderazione che hanno caratterizzato l'atteggiamento del Governo italiano nella difficile questione della Dalmazia. Essi stimano che questo Governo ha avuto una chiara percezione dei superiori interessi dell'Italia rinunciando ufficialmente a rivendicazioni territoriali la realizzazione delle quali avrebbe avuto per conseguenza permanenti dissidi con gli abitanti dello Stato serbo-croato-sloveno, ed avrebbe reso impossibile ogni amichevole relazione con essi. Tuttavia per salvaguardare tutti gli interessi italiani di razza e di sentimento, è stato convenuto che la città di Zara sia sottoposta ad uno speciale regime. La posizione geografica di Zara la designa a far parte dello Stato yugoslavo; ma, a condizione che la città rientri nell'unione doganale yugoslava, essa verrà a godere di completo diritto di sovranità sotto l'egida della Lega delle Nazioni e della libertà di controllo sui propri affari. 4. La stessa saggezza e la stessa moderazione che hanno caratterizzato l'atteggiamento del Governo italiano nella questione della Dalmazia, lo hanno egualmente caratterizzato in ciò che concerne le Isole dell'Adriatico. Il Governo italiano sembra d'accordo col Presidente Wilson e si rende conto come lui del necessario vincolo che, dal punto di vista della razza, della geografia e della politica, unisce allo stato yugoslavo le Isole della Costa Dalmata. D'altra parte il possesso di alcune Isole al largo che sono, è vero, etnicamente yugoslave ed economicamente unite alla Yugoslavia, è considerato dal Governo Italiano come necessario al controllo strategico dell'Adriatico. Questa rivendicazione è stata ammessa come ragionevole. Le isole seguenti sarebbero dunque attribuite all'Italia, ma demilitarizzate: a) il gruppo di Pelagosa b) Lissa e Isolotti situati all'ovest c) Lussin e Unie. Queste Isole saranno transferite in piena sovranità all'Italia, che da parte sua dovrà concludere un accordo con la popolazione slava di Lissa, lasciando a questa la sua completa autonomia locale». (ibidem)

Il Governo italiano replicava con un nuovo memorandum del 6 gennaio 1920, nel quale si indicava, riguardo alla Dalmazia ed alle isole, il seguente compromesso:

«L'Italia chiede l'adempimento del Patto di Londra. Al fine di eliminare le difficoltà sorte posteriormente e per raggiungere senza ulteriore indugio un accordo generale il Governo italiano è pronto ad accettare il seguente compromesso: I. Il libero Stato di Fiume secondo i piani del presidente Wilson, ma con la frontiera del Patto di Londra nella sua parte sud-occidentale verso l'Italia. II. Ma nel libero Stato la città di Fiume col suo distretto (corpus separatum) deve essere garantita da uno statuto che salvaguardi efficacemente la sua italianità la quale, a causa della grande maggioranza slava nello Stato libero, sarebbe maggiormente minacciata di quanto non lo fosse sotto l'Ungheria. III. Si deve assegnare al corpo separato di Fiume entro lo Stato libero la strada che è ad occidente con una striscia di territorio che la circonda fino alla frontiera italiana. IV. Le isole di Cherso e di Lagosta, oltre quelle già segnate dal Presidente Wilson, saranno attribuite all'Italia. V. Zara città libera con potestà di scegliere la sua rappresentanza diplomatica. Garanzie per le relazioni dei cittadini di Zara con il territorio dalmato. VI. Effettiva neutralizzazione delle isole ed anche dell'intera costa e dei porti della costa orientale adriatica da Fiume sino alla foce della Voiussa. VII. Gli italiani della città di Fiume e della Dalmazia avranno la libertà di eleggere la cittadinanza italiana senza lasciare il territorio. VIII. Garanzie per le aziende economiche esistenti in Dalmazia». (Memorandum italiano del 6 gennaio 1920 ai Governi britannico e francese, ibidem)

A loro volta, Clemenceau e Crowe predisponevano un memorandum, datato 9 gennaio 1920, con queste ulteriori proposte di modifica in ordine alla Dalmazia e alle isole:

«III. Dato che la maggior parte della popolazione dell'Isola di Cherso è slava, vi sono serie ragioni per togliere l'isola dallo Stato libero del quale è una parte integrale. L'isola di Lagosta tuttavia dovrebbe essere ceduta all'Italia qualora il Governo Italiano la considerasse necessaria per ragioni strategiche. 4. Lo Stato Libero di Zara dovrebbe essere governato da un Alto Commissario assistito da un Consiglio rappresentante gli abitanti, che sceglierebbe la sua rappresentanza diplomatica. Dovrebbero pure farsi degli accomodamenti per le relazioni economiche di Zara col resto della Dalmazia che passa allo Stato Jugoslavo. Zara perciò sarà dentro l'unione doganale serbo-croato-slovena. 5. La proposta Italiana per l'effettiva neutralizzazione di tutte le isole dell'Adriatico deve essere accolta, ma la proposta di neutralizzare altresì la costa Dalmata, siccome implica il proibire ad uno Stato indipendente ogni misura per difendersi, è una proposta da non potersi imporre ad uno Stato amico. La Conferenza perciò chiederebbe al Governo Italiano di accontentarsi della neutralizzazione di tutte le isole che insieme a tutte le altre importanti garanzie concesse col presente accordo dovrebbero dare ogni sicurezza che esso ragionevolmente domanda. 6. Gli italiani di Dalmazia dovrebbero essere liberi di scegliere la cittadinanza italiana senza lasciare il territorio. In vista del fatto però che Fiume deve essere costituito in corpus separatum dentro al libero Stato sotto la garanzia della Lega delle Nazioni non è possibile di estendere tale facoltà agli abitanti di Fiume [6] . 7. Le intraprese economiche esistenti in Dalmazia dovrebbero avere salvaguardata la loro sicurezza da una convenzione internazionale». (Memorandum di Clemenceau e Lloyd George, s.l., 9 gennaio 1920, ibidem)

Il negoziato interalleato continuava fino al maggio 1920, quando ne veniva decisa la sospensione, poiché erano nel frattempo iniziate trattative dirette fra Italia e Regno serbo-croato-sloveno. Il Trattato di Rapallo dell'11 novembre 1920 assegnava l'Istria, Zara e le isole di Cherso, Lumin, Lagosta e Pelagosa all'Italia ed il resto della Dalmazia al Regno serbo-croato-sloveno [7] .

Vedi anche

The Adriatic situation, Memorandum by Clemenceau and Lloyd George, s.l., 8 gennaio 1920, all. a Grassi a Acton, Parigi, 11 gennaio 1920, AMM, 5, 1522; Memorandum del Governo Italiano, Parigi, 10 gennaio 1920, all. a Ruspoli a Acton, Parigi, 11 gennaio 1920, ibidem; Memorandum in answer to Mr. Lloyd George's Memorandum of today, s.l., 11 gennaio 1920, all.a Grassi a Acton, Parigi, 12 gennaio 1920, ibidem;

Note

[1] vedi anche: 1141/3 - La frontiera del Brennero;
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[2] L'art. 5 del Trattato di Londra del 26 aprile 1915 stabiliva al riguardo che «L'Italie recevra également la province de Dalmatie dans ses limites administratives actuelles en y comprenant au nord Lisarica et Tribania, et au sud jusqu'à une ligne partant sur la côte du cap Planka et suivant vers l'est les sommets des hauteurs formant la ligne de partage des eaux de manière à laisser dans le territoire italien toutes les vallées et cours d'eau descendant vers Sebenico, comme la Cicola, la Kerka, la Butisnica et leurs affluents. Elle recevra aussi toutes les îles situées au nord et à l'ouest de la Dalmatie depuis Premuda, Selve, Ulbo, Scherda, Maon, Pago et Patadura au nord, jusqu'à Meleda au sud en y comprenant Sant'Andrea, Busi, Lissa, Lesina, Tercola, Curzola, Cazza et Lagosta, ainsi que les rochers et îlots environnants et Pelagosa, à l'exception seulement des îles Grande et Petite Zirona, Bua, Stolta et Brazza. Seront neutralisées: (1) Toute la côte depuis le cap Plank au nord jusqu'à la recine méridionale de la péninsule de Sabioncello au sud, de manière à comprendre toute cette péninsule; (2) la partie du littoral commençant au nord à un point situé a 10 kilom. au sud de la pointe de Ragusa Vecchia descendant au sud jusqu'à la rivière Voïussa, de manière à comprendre le golfe et les ports de Cattaro, Antivari, Dulcigno, Saint-Jean de Medua, Durazzo, sans préjudice des droits du Monténégro résultant des déclarations échangées entre les Puissances en avril et mai 1909. Ces droits ne s'appliquant qu'au territoire actuel monténégrin ne pourront être étendus aux territoires ou ports qui pourraient être attribués au Monténégro. En conséquence, aucune partie des côtes appartenant actuellement au Monténégro ne pourra être neutralisée. Resteront en vigueur les restrictions concernant le port d'Antivari auxquelles le Monténégro a lui-même consenti en 1909; et, enfin, toutes les îles qui ne sont pas attribuées à l'Italie. Note. Les territoires de l'Adriatique énumérés ci-dessous seront attribués par les quatre Puissances alliées à la Croatie, à la Serbie et au Monténégro: Dans le Haut-Adriatique, toute la côte depuis la baie de Volosca sur les confins de l'Istrie jusqu'à la frontière septentrionale de Dalmatie comprenant le littoral actuellement hongrois et toute la côte de Croatia, avec le port de Fiume et les petites ports de Novi et de Carlopago, ainsi que les îles de Veglia, Pervecchio, Gregorio, Goli et Arbe. Et dans le Bas-Adriatique (dans la région intéressant la Serbie et le Monténégro), toute la côte du cap Planka jusqu'à la rivière Drin, avec les ports importants de Spalato, Raguse, Cattaro, Antivari, Dulcigno et Saint-Jean de Medua et les îles de Zirona Grande, Zirona Piccola, Bua Solta, Brazza, Jaclian et Calamotta. Le port de Durazzo resterait attribué à l'Etat indépendant musulman d'Albanie» (Trattati e Convenzioni, v. XXIII, pp. 286-287).
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[3] Vedi nota...
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[4] Vedi nota...
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[5] vedi anche: 1149/3 - La questione di Tarvisio e della conca di Assling;
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[6] vedi anche: 503/3 - Lo Stato di Fiume e la Conferenza di Roma; 515/3 - La situazione giuridica di Fiume dall'armistizio all'annessione all'Italia; 1157/3 - Le modifiche alla linea di confine tra il Regno serbo-croato-sloveno e lo Stato di Fiume; 1162/3 - L'applicazione dell'Accordo per Fiume;
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[7] Il testo del Trattato si trova in Trattati e Convenzioni, v. XXVI, p. 776 segg.
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