1340/3 - L'incidente di Lincheng

A partire dal 1920, le provincie settentrionali della Cina erano sconvolte dalla guerra civile condotta dai «signori della guerra», governatori militari che coltivavano tendenze autonomistiche rispetto al Governo di Pechino. In questa situazione di anarchia, si susseguivano aggressioni ed atti di brigantaggio nei confronti di stranieri. Il 6 maggio 1923, un gruppo di briganti catturava, nei pressi di Lincheng, trecento passeggeri di nazionalità estera che si recavano in treno da Shanghai a Pechino, fra i quali si trovavano due cittadini italiani, Angelo Musso, avvocato a Shanghai, ed Alba Coralli, impiegata nello studio di Musso. Mentre la Coralli veniva rimessa in libertà il giorno successivo, Musso veniva tenuto in prigionia per trentotto giorni. L'8 maggio 1923, il Ministro d'Italia a Pechino, Cerruti, riferiva al Ministro degli Esteri ad interim, Mussolini, quanto segue:

«Il Corpo Diplomatico accreditato a Pechino ha presentato formale protesta al Governo cinese dichiarandolo responsabile vita degli stranieri chiese allontanamento delle truppe regolari costituenti pericolo di vita per i prigionieri che devono essere immediatamente liberati a qualunque costo dichiarando che se entro tre giorni non saranno liberati verranno chieste indennità aumentanti progressivamente ogni giorno». (Cerruti a Mussolini, Pechino, 8 maggio 1923, h.18.30, ASE, P 1919-30, 952)

Il 10 agosto, il Corpo Diplomatico a Pechino inviava al Ministro degli Esteri cinese, Wellington Koo, una nota collettiva con la quale chiedeva riparazioni adeguate, sottolineando che

«Le Corps Diplomatique constate avec un vif regret que les brigands ravagent non seulement la province de Chantoung, mais tout ou partie des provinces du Tchely, du Xiangsou, du Honan, de l'Ankwei et du Nord du Chansi, et que les moyens actuellement employés pour les réprimer sont notoirement insuffisants. Le premier devoir du Gouvernement chinois étant de maintenir l'ordre et la protection des étrangers et des chinois contre les violences et les outrages des brigands, il invite le dit Gouvernement de la République Chinoise à faire prendre immédiatement par les Inspecteurs Généraux, Gouverneurs militaires etc., des dispositions en vue d'organiser ensemble et au moyen de leurs meilleures troupes des opérations vigoureuses contre les brigands. Le Corps Diplomatique chargera éventuellement les Attachés militaires des Légations étrangères de suivre ces opérations et de lui en rendre compte. A) Responsabilité des gouverneurs militaires et autres autorités provinciales ou locales. Le Protocole final pour le réglement des troubles de 1900 (article 10 et annexe n. 16) déclare que tous les Gouverneurs Généraux, Gouverneurs et Fonctionnaires provinciaux ou locaux sont tenus d'assurer de la manière la plus efficace la protection des étrangers et sont responsables du maintien de l'ordre en cas de nouveaux troubles xénophobes, dans les limites de leurs circonscriptions respectives. [...] Le brigandage étant devenu une grave menace pour la vie, les biens et les droits des étrangers en Chine, le Corps Diplomatique se tiendra exactement informé de cet état particulier de troubles et, dans ce but, a décidé d'envoyer, lorsqu'il le jugera utile, dans les provinces infestées par les brigands des représentants chargés d'examiner la situation locale et de lui faire connaître les résultats de leur enquête. Lorsqu'il apparaîtra au Corps Diplomatique que tel Gouverneur militaire, tel officier Commandant de troupes ou tel fonctionnnaire provincial ou local a manqué ou manque à son devoir d'assurer la sécurité des étrangers conformément aux dispositions précitées du Protocole de 1901, le Corps Diplomatique demandera l'application sommaire au coupable des sanctions stipulées dans ladite convention, sans préjudice des punitions supplémentaires, amendes, ou autres qu'exigeraient les circonstances. Le Corps Diplomatique se réserve au surplus d'ordonner lui même l'exclusion de ces officiers ou fonctionnaires de la protection des Concessions ou Settlements étrangers dans le ports à Traité. B) Mesures de protection des voies ferrées L'incident de Lincheng a démontré les dangers que courent actuellement les voyageurs étrangers sur la ligne du Tsin Pou qui est une des principales voies de communication de la Chine et sur les chemins de fer chinois. Des enquêtes auxquelles a procédé le Corps Diplomatique et des renseignements qu'il a recueillis notamment de la Commission militaire Internationale qu'il a envoyée à Lincheng, il résulte que le système actuel de protection des voies ferrées chinoises est impropre à assurer de façon efficace la protection desdites voies. Le Corps Diplomatique estime que des réformes sont nécessaires et qu'il est de son devoir d'aider le Gouvernement chinois à les réaliser, en lui apportant sa collaboration. Les réformes envisagées par le Corps Diplomatique consisteraient dans la réorganisation des forces de police chinoises spéciales qui seraient placées sous le contrôle d'officiers étrangers et chargées d'assurer la protection des voies ferrées chinoises. Le Corps Diplomatique se réserve après étude plus approfondie de la question, de remettre au Gouvernement chinois le projet qu'il aura adopté. [?] Le Corps Diplomatique requiert du Gouvernement chinois la punition des fonctionnaires civils ou militaires et des employés de la Compagnie du chemin de fer du Tsin-Fou, dont la complicité avec les brigands serait établie ou dont la conduite aurait facilité le crime soit par négligence ou imprevoyance avant, soit par impéritie pendant l'incident, ou dont l'attitude aurait contribué à prolonger la détention des prisonniers étrangers. Sans entrer dans les détails de toutes les poursuites à exercer à propos de l'incident de Lincheng, le Corps Diplomatique, après avoir procédé à une enquête minutieuse, tant par les Commissions Internationales civiles et militaires que par d'autres procédés, estime devoir demander au Gouvernement chinois l'application à un nombre limité de personnages des peines déterminées par lui [...]. Mais la punition de quelques officiers ne donne pas une satisfaction suffisante aux justes revendications du Corps Diplomatique. L'attaque par les brigands du train Pukow-Pékin, l'enlèvement de voyageurs étrangers, la durée de leur captivité, les procédés auxquels il a fallu recourir pour les délivrer ont démontré au monde que les étrangers ne jouissaient pas en Chine des garanties de sécurité auxquelles ils ont droit. La véritable sanction de l'incident de Lincheng doit donc être trouvée dans le respect exact par le Gouvernement chinois et toutes les Autorités de Chine des droits des étrangers et des Traités en vigueur. Le Corps Diplomatique est fermement décidé à surveiller de près et à poursuivre par tous les moyens en son pouvoir la défense de ces droits et l'application de ces Traités, qui ont été solennellement confirmés, lors de l'établissement définitif de la République chinoise, par la déclaration communiquée aux Légations le 6 octobre 1913 avant sa publication le 10 du même mois. Avant de terminer cette note, le Corps Diplomatique attire l'attention du Gouvernement chinois sur le brigandage en Chine, qui, dans son état actuel, constitue un grave danger pour les droits et intérêts des étrangers. Que le Gouvernement chinois soit averti de l'existence et du développement récent du brigandage en Chine, le Corps Diplomatique en a reçu l'aveu dans les notifications officielles, qui ont été adressées à ses membres, de l'état d'insécurité de certaines régions dont le Wai Kiao Pou voulait pour ce motif exclure les voyageurs étrangers. Le Gouvernement chinois vient d'être prévenu que ces notifications ne seraient tenues pour effectives que pendant une période limitée de temps, et le Corps Diplomatique lui déclare ici qu'il considérera désormais les dites notifications comme des reconnaissances officielles de la part du Gouvernement chinois de l'existence du brigandage dans les régions visées et tous renouvellements, après le délai fixé, des dites notifications comme des reconnaissances officielles de la part du Gouvernement chinois de son manque à réprimer le brigandage dans les régions mêmes où il en avait denoncé l'existence. Le Corps Diplomatique poursuit la suppression du brigandage en Chine parce que ce brigandage porte atteinte aux droits et intérêts des étrangers dont il a charge. Mais, des maux du brigandage les chinois ne souffrent pas moins que les étrangers, et, quand le Corps Diplomatique demande que, par la suppression du brigandage, les étrangers soient assurés de leur sécurité en Chine, il demande, en fait, que les chinois soient aussi assurés de leur sécurité sur le territoire de leur propre pays. Le développement récent du brigandage avec ses conséquences néfastes n'a toutefois pas pour cause le manque de forces militaires; il y a actuellement en Chine plus de soldats sous les armes qu'en aucun autre pays du monde. Mais ces soldats ne répriment pas le brigandage, soit parce que, n'étant pas payés, ils se refusent à tout effort ou même pactisent avec les bandits, soit et surtout que les meilleurs d'entre eux sont employés à d'autres besognes. Tant que le Gouvernement chinois laissera les troupes les mieux disciplinées de la Chine se livrer entre elles à ces guerres civiles qui désolent perpétuellement une partie ou l'autre de ce grand pays, les armées nationales ou provinciales seront détournées de leur véritable tâche; elles seront le principal instrument des misères et des souffrances du peuple chinois au lieu d'être son défenseur contre les outrages et déprédations des bandits. Si le Gouvernement chinois continue à autoriser ou à tolérer ces abus, s'il ne s'attaque pas résolument à la répression du brigandage qui menace les droits et les intérêts des étrangers en Chine, le Corps Diplomatique sera obligé de rechercher des moyens extraordinaires pour protéger la vie, les biens, les droits et les intérêts des étrangers dans un pays qui, bien que jouissant des droits et privilèges reconnus aux membres de la grande famille des nations, se sera montré incapable de remplir les plus élémentaires des devoirs dont ces droits et privilèges ne sont que la conséquence»». (Nota collettiva del Corpo Diplomatico a Pechino a Wellington Koo, Pechino, 10 agosto 1923, all. a Cerruti a Mussolini, Shanhaikwan, 17 agosto 1923, ibidem)

Il 22 settembre successivo, Cerruti informava Mussolini che

«La nota collettiva firmata da tutti i rappresentanti esteri e presentata al Governo cinese il 10 agosto scorso [?] fu accolta dal Ministro degli Affari Esteri, Dr. Wellington Koo, con malcelato malcontento [?]. Essendomi la scorsa settimana recato al Wai Chiao Pu, il Dr. Koo mi parlò spontaneamente della nota di Lincheng [?]. Mi disse che era stato male impressionato dalla nota [?]. [D]isse che il Governo cinese non consentiva, ad esempio, di punire il Governatore militare dello Shantung, il quale, essendo un alto Generale, non poteva essere ritenuto responsabile della mancanza di un suo subordinato incaricato del mantenimento dell'ordine su un breve tratto della linea ferroviaria. Osservai che il Corpo Diplomatico non poteva seguire tale ragionamento; per esso le responsabilità dovevano risalire sino alle più alte autorità che detenevano il potere nelle Provincie». (Cerruti a Mussolini, Pechino, 22 settembre 1923, ibidem)

Due giorni dopo, Wellington Koo riassumeva la sua posizione in una nota inviata al Corpo Diplomatico, così formulata:

«With reference to the note of the Diplomatic Body of August 10th last relative to the Lincheng incident [?] I have the honour to inform Your Excellency that the Chinese Government have given their most careful consideration to the content of the said communication. The very occurrence of the incident cannot be deprecated too strongly. My Government felt as much indignated as could possibly be felt by Your Excellency or the other Members of the Diplomatic Body. [?] It is, however, reassuring to observe that the incident under consideration, deplorable as it was, was not a case of anti-foreign demonstration nor did it betray any symptom of special animosity against foreigners as such. It arose simply from an act of lawlessness committed by brigands [?]. The united voice with which the Government and people of China condemned this incident, the more vehemently because the nationals of foreign Powers too were included, as well as the vigorous measures which were taken to poursue the bandits and the several expeditions organised by private and official bodies to render succour and relief to the victims, has given renewed proof of the spirit of friendliness with which China entertains towards the foreign nationals within her territory. Careful consideration of the facts of the case leads to the conclusion that no liability for damages can be predicated of the Chinese Government. In view, however, of the circumstances of their capture as well as the suffering and indignities sustained by them in consequence, I have the honour to inform You that the Chinese Government desire, of their accord, to do, in the fullest measure possible, what is equitable in the way of reparation for the foreign victims of this unfortunate incident. [?] The attack of the bandits on the express train at Lincheng was directed against Chinese and foreign passengers without distinction. It was not anti-foreign in character nor has been found any evidence of official connivence or complicity in it. On the contrary, it is an established fact that the military Authorities of the Province had been operating against the bandits in the neighbororhood of Lincheng and that it was with the object of compelling a relaxation of pressure as well as for the purpose of plunder that this outrageous act was clandestinely prepared and audaciously perpetraded by their fellow-bandits». (Wellington Koo al Corpo Diplomatico a Pechino, Pechino, 24 settembre 1923, all. a Cerruti a Mussolini, Pechino, 26 settembre 1923, ibidem)

Il 4 ottobre 1923, il Corpo Diplomatico replicava a Wellington Koo sottolineando che

«Le Corps Diplomatique avait esperé qu'à la suite de cet incident, le Gouvernement chinois aurait procédé à une action vigoureuse contre les brigands qui infestent le pays. Mais les mesures indiquées dans la note de Votre Excellence du 24 Septembre dernier restent sans effet parce qu'il ne suffit pas de donner l'ordre de poursuivre les brigands, et qu'il faut surtout que les brigands soient poursuivis. Les autorités locales ne déploient, en ce moment, aucun zèle dans la répression du brigandage qui sévit toujours dans la plupart des provinces de Chine, alors que leurs meilleurs forces militaires continuent à être employées à ces guerres civiles qui causent tant de souffrances et de misère au peuple chinois. Dans ces conditions, le Corps Diplomatique, soucieux d'assurer le respect de la vie, de la liberté, des droits et des biens des étrangers en Chine et désireux de contribuer à la restauration du règne de l'ordre et de la loi dans ce grand pays, se voit dans la necessité de maintenir intégralement les considérations et les conclusions de sa note collective du 10 Août dernier. Il invite donc le Gouvernement chinois à exécuter les mesures indiquées dans sa note precitée». (Nota collettiva del Corpo Diplomatico a Pechino a Wellington Koo, Pechino, 4 ottobre 1923, all. a Cerruti a Mussolini, Pechino, 4 ottobre 1923, ibidem)

Di fronte alle insistenze del Corpo Diplomatico, Wellington Koo dichiarava che il Governo cinese era d'accordo circa l'esigenza di reprimere il brigantaggio in alcune parti del Paese e che avrebbe esaminato, in collegamento con i rappresentanti esteri, l'istituzione di una polizia ferroviaria. Egli accettava, in sostanza, le richieste del Corpo Diplomatico. Poiché nel frattempo Musso e Coralli avevano presentato a Cerruti una richiesta di risarcimento danni, il Direttore Generale degli Affari Politici A. del Ministero degli Esteri, Fara Forni, sottoponeva i due reclami al parere del Consiglio del Contenzioso Diplomatico, il quale, nell'adunanza del 17 gennaio 1924, osservava

«Che i fatti [...] si sono verificati in condizione da addossare allo Stato cinese una responsabilità internazionale; Che questa non può essere eliminata dalla condizione di anarchia nella quale tale Stato attualmente si trova, perché in conformità ad un principio generalmente ammesso, le deficienze che si riscontrino nell'ordinamento interno di uno Stato, non valgono a sopprimere la responsabilità che esso assume verso altri Stati per fatti che direttamente o indirettamente gli siano imputabili e che costituiscano la violazione di norme giuridiche internazionali; Che su questo punto non vi è bisogno di procedere ad alcuna discussione in quanto risulta che lo stesso Governo cinese ha accettato in massima le domande del Corpo Diplomatico per quanto riguarda l'obbligo di risarcimento dei danni sofferti da stranieri per la loro cattura avvenuta per opera di briganti». (Parere del Consiglio del Contenzioso Diplomatico, Roma, 17 gennaio 1924, ASE, Cont., 28)

La vicenda si chiudeva con l'accettazione cinese di versare le indennità richieste. In particolare venivano soddisfatte le pretese avanzate dal Governo italiano per il pagamento di un'indennità a Musso e Coralli [1] .

Vedi anche

Cerruti a Mussolini, Pechino, 19 giugno 1923, h. 13.40, ASE, P 1919-30, 952; Cerruti a Mussolini, Pechino, 19 giugno 1923, h. 15.25, ibidem; Silvestri a Mussolini, Roma, 26 luglio 1923, ibidem; Mussolini a Cerruti, Roma, 1° dicembre 1923, ibidem; Cerruti a Mussolini, Pechino, 7 gennaio 1924, h. 18.11, ASE, Cont., 28; Cerruti a Mussolini, Pechino, 7 gennaio 1924, ASE, P 1919-30, 953; Cerruti a Mussolini, Pechino, 26 febbraio 1924, ibidem; Mussolini a Cerruti, Roma, 29 febbraio 1924, ibidem; Cerruti a Mussolini, Pechino, 23 febbraio 1925, ASE, P 1919-30, 956; Cerruti a Mussolini, Pechino, 7 ottobre 1925, ibidem.;

Note

[1] vedi anche: 1412/3 - I reclami Musso e Coralli;
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